Roro et ses frères

Après le portrait de Bruno Delatte dit « Pomme », voici celui de Progres Reverter aka «Roro». Il est chargé de la logistique au FC Grenoble. Ce catalan «naturalisé» isérois a rejoint le club en 2010. Aujourd’hui, il est indispensable au FCG pour ses compétences et sa bonhommie.
Roro prépare déjà la troisième mi-temps / Crédit : GD

Roro prépare déjà la troisième mi-temps / Crédit : GD

La « clé anglaise ». Cette métaphore va comme un gant à Progres Reverter, le logisticien du FCG. Il sait tout faire. En plus de gérer les stocks de boissons et d’assurer la maintenance des panneaux publicitaires, il répare toutes les petites bricoles du stade Lesdiguières. Dans les coulisses du club, tout le monde l’appelle « Roro», diminutif construit à partir de son nom et de son prénom.

Chez les Rouge et Bleu, tout le monde fait appel à lui pour une fuite d’eau ou une panne de voiture. « Je ne sais pas dire non, c’est mon problème. Je me souviens du jour où le joueur Florent Fourcarde avait un souci avec sa machine à laver. Je lui ai filé naturellement un coup de main. Mais il faut dire que nos rugbymen ne sont pas bricoleurs malgré leur allure de déménageur !» dit-il avant d’éclater de rire. Roro ajoute que Marc Chérèque, le président du club, a même dû demander au staff et aux joueurs de ne plus le déranger. Mais l’intéressé a la main sur le coeur et il est toujours prêt à rendre service.

Plus de 2 000 litres de bières par match
Après son départ à la retraite il y a 3 ans, cet ancien para dépose son barda au FCG, pour rejoindre ses amis employés du club. Il aurait pu profiter de sa retraite militaire, mais il a préféré continuer à être actif en travaillant dans le monde du rugby. Avec des journées de huit heures, et même 18 heures un jour de match au Stade des Alpes, Roro ne chôme pas. « Lorsqu’on délocalise nos rencontres, il faut déménager tout le matériel comme les banderoles publicitaires, les tireuses à bière ou encore le mobilier », explique-t-il.
Le débit de boisson est l’une de ses tâches les plus importantes. Les chiffres donnent le tournis : plus de 2 000 litres de bières à distribuer durant une rencontre à Lesdiguières, quasiment le double au Stade des Alpes.
« Avec les joueurs, on déconne tout le temps »
Le rugby, Roro est tombé dedans quand il était petit. Pourtant, il n’a jamais pratiqué en club. Il a toujours joué avec ses amis au rugby à treize à Perpignan, ou quand il était aux Pupilles de l’air à Montbonnot-Saint-Martin en Isère. « C’est l’esprit de l’ovalie qui me plaît. Je me sens très proche des joueurs avec qui je déconne tout le temps. » Attiré par cette ambiance conviviale présente dans la plupart des clubs, Roro aime se remémorer les repas de groupe avec l’équipe et le staff. « Ce que je préfère, c’est le déjeuner du président chaque vendredi. Avant de démarrer, on désigne qui a fait la plus grosse boulette de la semaine en lui remettant un prix », une cérémonie équivalente à celle des Marcels d’or qui récompense les bourdes des footballeurs.
Roro sait allier l’utile (son travail logistique) à l’agréable (passer du temps avec le staff et les joueurs). Depuis l’arrivée à Lesdiguières de Progres, le club ne fait que progresser au niveau des résultats sportifs. De là à dire qu’il est le porte bonheur du FCG, il n’y a qu’un pas. Pourvu que ça dure pour Roro et ses frères.
Gauthier Dupraz
Double croisée avec Roro:
Vous supportez Perpignan ou Grenoble?
Je suis tiraillé entre les deux mais je suis plus proche de Grenoble depuis que j’y travaille.
Quelle est votre meilleure anecdote au club?
Je me souviens du match aller contre Perpignan à domicile, l’année dernière. Étant originaire de Catalogne, j’ai enfilé mon maillot de l’USAP que j’ai caché sous mon sweat-shirt. J’étais dans les loges avec le président et progressivement j’ai ouvert la fermeture  de mon sweat jusqu’à ce que tout le monde remarque ma tunique. Marc Chérèque m’a demandé sèchement «c’est quoi ça?». Et puis, on a rigolé, je me suis fait chambrer par les joueurs, c’était sympa et en plus Grenoble a gagné ce jour-là.
Quel est votre meilleur souvenir au FCG?
Le dîner de célébration de la montée en Top 14 l’année dernière. Thomas Bianchin, le chargé de communication du club, avait réalisé un film de la saison. Je me souviens avoir pleuré de rire avec Rida Jahouer (joueur au poste de centre au FCG) devant les vidéos où on voyait untel ou untel faire des conneries.
Si vous n’étiez pas au FCG aujourd’hui, que feriez vous?
Je ne sais pas trop. Je suis actuellement réserviste à l’armée en tant qu’instructeur de tir. Peut-être que j’aurais continué dans ce domaine là. Sinon, j’aurais pu être moniteur de parapente car j’ai le brevet d’Etat. Mais je ne regrette pas mon choix, loin s’en faut.
Etes-vous plutôt Stade des Alpes ou Lesdiguières?
Dur de choisir entre les deux. Le second, c’est l’enceinte historique du club, j’y suis attaché. Le Stade des Alpes, c’est une superbe enceinte. Quand elle est pleine, l’ambiance est énorme surtout au moment des olas. Moi ça me donne des frissons à chaque fois.
Propos recueillis par GD

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