Grenoble se refait le maillot

A l’occasion de la réception de Toulon samedi 20 avril, le FCG réédite le maillot de la génération légendaire de 1991-1994. Dans une série limitée à 200 exemplaires, le club rend hommage à ses « mammouths » qui seront, pour la plupart, présents au Stade des Alpes. Une opération avec un double objectif, puisqu’elle est aussi une manière « d’envoyer un signe fort au TOP 14 » selon le responsable communication des Rouge et Bleu, Thomas Bianchin, et de montrer, 20 ans plus tard, que Grenoble est à nouveau prêt à écrire l’histoire du rugby français.

Fabrice Landreau et Andrew Fairley portent fièrement le maillot hommage aux mammouths. En 2011, le club voisin de Bourgoin-Jallieu avait réédité le célèbre maillot à damier de la finale de 1997. Un filon cette fois exploité par les rouge et bleu et ce maillot qui a « bien vieilli »

Fabrice Landreau et Andrew Fairley portent fièrement le maillot hommage aux mammouths. En 2011, le club voisin de Bourgoin-Jallieu avait réédité le célèbre maillot à damier de la finale de 1997. Un filon cette fois exploité par les Rouge et Bleu avec ce maillot qui a « bien vieilli »

« Une force brute exceptionnelle avec du dynamisme dans toutes les lignes ». La définition des « mammouths » de Jean Liénard, ancien entraîneur du FCG (1976-1989), est sans détour. A l’aube des années 90, Grenoble rassemble des joueurs au physique hors normes. Dans un sport qui obtiendra le statut professionnel en 1995, l’apparition d’un style rugbystique essentiellement fondé sur la puissance trouve son origine à l’époque des « mammouths ».

Se souvenir des belles choses

« Les kilos pèsent plus que la tactique » raillent alors les concurrents inquiets de cette nouvelle forme de domination. Et de fait, cette génération exceptionnelle tutoie l’élite de la discipline trois saisons d’affilée faisant preuve d’une redoutable efficacité. Alors, 20 ans après une finale polémique perdue contre Castres, le FCG joue au professeur d’histoire consciencieux et redonne vie au maillot des anciens. « Il ne fallait pas se focaliser sur ce match douloureux, mais plutôt mettre l’accent sur les supers résultats de cette équipe » estime Thomas Bianchin.

En commercialisant 200 maillots seulement, le FCG veut souligner son retour au plus haut niveau. « Etre de retour parmi l’élite 20 ans après cette génération c’est très fort pour nous », assure Thomas Bianchin. « On est sûrs de vendre tous les maillots et il y aura des bénéfices (estimés à 8 000 euros environ) mais si le but était purement économique on en aurait proposé bien plus ». Les raisons de cette réédition s’ancrent plutôt dans un raisonnement politique et communicationnel. « Avec beaucoup d’humilité et de respect on envoie un signe fort au monde du rugby. On est dans un sport où le business compte beaucoup c’est sûr. Mais cette réédition doit montrer aux gens qui ont fait l’histoire du club qu’on pense à eux et qu’on les remercie. Ils font partie de l’histoire de ce club et lien entre les générations est très important pour nous. »

 Un maillot pour faire corps

Beaucoup de joueurs actuels du FCG ignorent pourtant les grands noms de l’équipe qui a effleuré le bouclier de Brennus en 1993. Mais depuis le retour de Fabrice Landreau, l’accent est mis sur l’histoire et l’identité du club isérois, des valeurs pourtant fragilisées dans le rugby moderne.

Malgré une série de six défaites, Thomas Bianchin reconnait que l’excellent début de saison des Grenoblois a conditionné cette initiative symbolique. « Si on jouait notre maintien sur ces deux matchs on n’aurait sûrement pas sorti le maillot, parce que l’aspect sportif prime toujours. Mais on voulait de toute façon faire un geste pour les mammouths, sortir un tee-shirt par exemple ». Le maillot vintage est donc à l’image du FCG en 2012-2013, une bonne surprise. La commercialisation d’un maillot officiel en cours de saison est d’ailleurs très rare en France. Si ce processus est si complexe c’est qu’il doit se conformer aux normes régies par la Ligue Nationale de Rugby (LNR).

 Une nouvelle mode ?

« On a d’abord contacté notre équipementier Kappa, pour savoir si l’entreprise était partante. Ensuite on a travaillé sur le design et les visuels », raconte Thomas Bianchin. « Sur chaque maillot, il y a une place attribuée à la publicité, il faut contrôler la taille, les formes du vêtement » car tous les produits officiels restent soumis à l’acceptation de la LNR, très stricte à ce niveau là. Celle-ci s’est montrée très clémente cette fois-ci. L’institution a même autorisée l’inscription du numéro sur le ventre alors que les règlements la restreignent habituellement aux zones du dos et de l’épaule. Si ce genre d’initiatives est beaucoup plus fréquent dans le milieu du football que celui du rugby, le FCG pourrait bien relancer la mode des maillots vintages.

Matthieu Windey

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