« Cela s’anticipe un an à l’avance »

Trois kilomètres à vol d’oiseau, à peine un quart d’heure en voiture. Du stade Lesdiguières au stade des Alpes, la délocalisation d’un match de rugby pourrait paraître facile à organiser. Mais entre autorisations et procédures administratives, le processus est long et fastidieux. Entretien avec Guillaume Gouze, directeur administratif et opérations stades au FCG.

Crédit : BJ

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Pourquoi délocaliser cette affiche contre Toulon au Stade des Alpes ?

Il y a bien sûr l’aspect financier, puisqu’on double notre capacité d’accueil par rapport au stade Lesdiguières, et cela se ressent au niveau des recettes au guichet. Mais il y a aussi l’envie d’organiser une fête populaire, de finir sur une bonne note sportive. C’est notre quatrième match délocalisé cette année, c’est le dernier match de la saison à domicile, on joue sans pression et on reçoit le leader… Tous les ingrédients sont réunis pour se faire plaisir. D’ailleurs, les 20 000 places sont parties en vingt heures !

Concrètement, quelles sont les démarches à entreprendre pour le club?

Cela s’anticipe un an à l’avance. Il faut d’abord regarder à quelles dates le stade des Alpes est libre, ainsi que le Palais des Sports, puisque nous en avons besoin pour accueillir nos partenaires et les 2000 VIP qu’on attend pour de telles affiches. On adresse ensuite une demande à la Ligue Nationale de Rugby. Une fois leur accord donné, nous avons environ cinq semaines pour nous mettre en conformité avec leur cahier des charges et officialiser notre demande de délocalisation. Après, on rentre dans le processus d’organisation, avec des réunions qui s’accélèrent au fur et à mesure qu’on approche de l’événement.

Qui sont vos interlocuteurs dans toute cette procédure ?

Il y en a énormément, car la délocalisation change beaucoup de choses : le nombre de spectateurs, l’horaire, le lieu, le mode de transport, les animations… Il faut modifier nos accords avec les diffuseurs, les médias, les assureurs, l’exploitant du stade (le groupe Carilis, détenteur d’une délégation de service public de la Metro), les collectivités, les entreprises sous-traitantes… Il y a plusieurs facteurs qui changent et qui demandent des ajustements de notre part : la sécurité, le nombre de trams en circulation, le prix de la location du stade, l’autorisation de vente de boisson, etc.

Quel est le rôle de la préfecture dans tout ça ?

C’est elle qui fixe le degré de risques sécuritaires lié à l’événement. Pour un match classique à Lesdiguières, nous ne sommes même pas catégorisés. Au stade des Alpes, on passe en catégorie 1, c’est-à-dire qu’un PC sécurité peut être ouvert si besoin. C’est aussi elle qui nous délivre certaines autorisations indispensables.

Si nous voulons par exemple apporter le ballon du match par la voie des airs en utilisant un parachutiste, nous devons avoir son accord car l’État gère le survol de l’espace aérien français.

Vous devez être rodés maintenant, non ?

C’est sûr que c’est de moins en moins difficile ! C’est la sixième délocalisation au stade des Alpes, nous en faisons environ une tous les deux mois maintenant. La dernière délocalisation contre Clermont est celle qui nous a posé le moins de problèmes puisqu’elle était quasiment identique à la précédente contre Toulouse, en termes de jours, d’horaire, etc. Aujourd’hui, les dossiers et le cahier des charges sont prêts en permanence, nous avons juste à appuyer sur le bouton dès que nous avons le feu vert de la Ligue et c’est parti !

Propos recueillis par Benjamin Jeanjean

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